La formation à distance est en plein essor

La formation à distance est en plein essor

Cette période de confinement pousse les entreprises et les Français à s’y intéresser de plus en plus et à changer leur mentalité.

Durant cette période d’inactivité, le gouvernement incite les Français et les entreprises à recourir à des formations en ligne certifiantes ou qualifiantes.

Face à la crise du coronavirus, le secteur de la formation est contraint de se réinventer. Depuis le 16 mars et l’instauration du confinement, les organismes de formation ne sont plus en mesure d’accueillir du public. Plus d’autre choix que de proposer des parcours d’apprentissage à distance. Ce que, dans les faits, de nombreux acteurs font et proposent déjà depuis plusieurs années. Mais cette période pousse les entreprises et les Français à s’y intéresser de plus en plus et à changer leur mentalité.

«Habituellement la formation à distance représente environ 10 % des demandes, on a depuis largement doublé, voire triplé ces volumes», dévoile Pierre Courbebaisse, président de la Fédération de la formation professionnelle (FFP). Le constat est le même pour de nombreux organismes. «Depuis l’instauration du confinement, les demandes explosent. Si la première semaine, nous recevions plus de 1000 demandes d’inscription par jour, aujourd’hui ce sont plus de 2000 demandes par jour pour nos formations certifiantes à domicile de 2 ou 4 semaines. Cela représente une augmentation de 1000%. C’est pourquoi, pour répondre à la demande, nous avons dû recruter 7 conseillers pédagogiques et sûrement d’autres à venir», explique Thibault Viguier, cofondateur de L’École française, un institut de formation.

« La première semaine de confinement, nous recevions plus de 1000 demandes d’inscription par jour. Aujourd’hui ce sont plus de 2000 demandes par jour. » (Thibault Viguier, cofondateur de L’École française)

Ce fort engouement s’explique notamment par la mise en chômage partiel de quelque 9 millions de salariés à travers le pays. Durant cette période d’inactivité, le gouvernement incite les Français et les entreprises à recourir à des formations en ligne certifiantes ou qualifiantes afin de développer des compétences, voire à en gagner de nouvelles afin de faciliter la reprise. En ce sens, l’exécutif prend désormais à sa charge, via le dispositif du FNE-Formation, le coût total des formations des salariés placés en chômage partiel pendant l’épidémie. Et pour accentuer la dynamique autour de la formation à distance, le ministère du Travail et plusieurs organismes mettent à disposition des contenus gratuits. C’est notamment le cas d’Openclassrooms, Nathan, le CNED et d’autres.

«On manque encore de contenus mais on est en pleine période de bascule. Du moment où il y a de la demande de la part du public, tout va aller très vite et les acteurs de la formation sont prêts à accélérer la transition. On invente une autre manière de faire de la formation qui est de le faire chez soi», explique Pierre Courbebaisse.

Des outils renforcés

Mais cette transition ne doit pas mettre au rebut la formation classique pour autant. Plusieurs observateurs s’accordent sur le fait que de nombreux publics restent éloignés du distanciel et n’ont pas le matériel nécessaire – comme un ordinateur ou une connexion Internet – pour suivre des programmes en ligne.

« L’objectif, à terme, est de faire en sorte que la formation à distance soit davantage adaptée à des formations techniques ou à des publics plus ­éloignés. » (Le ministère du Travail)

«La formation à distance n’est pas la réponse à tout, car tout ne peut pas se faire en ligne. C’est l’un des enjeux que la crise est en train de révéler et sur lequel on va travailler», confie le ministère du Travail.«L’objectif, à terme, est de faire en sorte que la formation à distance soit davantage adaptée à des formations techniques ou à des publics plus éloignés. Il faut réussir à avoir des contenus moins académiques et peut être plus ludique et accrocheur», ajoute-t-on rue de Grenelle.

Mais cette évolution pédagogique s’opère déjà. «On voit des acteurs proposer des formations plus manuelles et artisanales car les solutions techniques ont été renforcées et ont évolué ces dernières années. Grâce aux nouveaux moyens audiovisuels qui existent, aux outils de visioconférence et à des plateformes d’apprentissage qui permettent de faire de la simulation, on élargit l’assiette des compétences qu’on peut développer en ligne», constate Yannick Petit, CEO de l’organisme de formation Unow.

Par William Plummer
Publié le 16 avril 2020 à 18:57 (Les Echos)