Mémoire du Père Gérard Pierré (sj) à l’Icam

Mémoire du Père Gérard Pierré (sj) à l’Icam

J’ai appris ces jours-ci le récent retour au Père de Gérard Pierré, jésuite discret qui a été présent à l’Icam de 1957 à 1980. Dans les années 1970, il a eu un rôle méconnu mais important dans le redressement d’une institution alors menacée de disparition, car c’est lui qui a été l’animateur et la plume du groupe rédacteur du texte « Mission de l’Icam ».

Voici comment :

A l’instigation de René Briet, président des ingénieurs Icam après les secousses de 1968, Gérard Pierré avait été chargé de conduire un groupe de travail d’une dizaine d’Icam pour formuler ou reformuler « La mission de l’Icam ». Ces travaux se sont étalés sur au moins 2 ans, notamment avec 3 ou 4 week-ends à la maison jésuite des « Fontaines » à Chantilly, et j’étais le benjamin de ce groupe.

Ce texte de 4 ou 5 pages, légèrement revu au début des années 2000, fait toujours référence puisqu’il est cité dans les présentations de l’école sur internet comme « référence majeure» .

Il a servi de boussole au navire Icam dans les tempêtes qui ont secoué l’école dans les années 1970 (avec le licenciement d’un tiers des salariés de l’école, par un ingénieur Icam bénévole délégué à cet effet par l’Association).

De mémoire, ce texte explicite trois piliers de cette mission, à savoir :

1) Former des ingénieurs compétents sur les plans scientifiques et technologiques.
2) Former des responsables préparés à conduire des actions collectives au sein d’entreprises ou d’organisations.
3) Former des hommes et des femmes soucieux du sens de leurs actions et engagés dans la société à la lumière de l’Evangile.

La « Mission de l’Icam » a servi de pierre angulaire à une véritable reconstruction de l’école, avec l’arrivée du Père Faucher, jésuite, à la direction des études, puis celle de Guy Carpier, premier directeur laïc de l’Icam, intronisé par le Provincial des Jésuites de France, le Père Madelin, lui aussi très récemment disparu. Plus tard, je m’y suis encore beaucoup référé lorsque j’ai eu la charge de créer l’Ecole Louis de Broglie, devenue aujourd’hui l’Ecam-Rennes.

L’annonce dans la presse du décès du père Gérard Pierré soulignait qu’avec lui disparaissait le dernier des jésuites français à avoir connu les camps de concentration. Sa discrétion était telle que je l’ignorais, alors que je l’ai fréquenté d’abord comme conseiller spirituel dans les années 1960 à l’école, puis lors de cette rédaction de la « Mission de l’Icam ».

Louis Bouan (66 ILI)