Réussite d’Octave Klaba (99 ILI), fondateur et dirigeant d’OVH

Réussite d’Octave Klaba (99 ILI), fondateur et dirigeant d’OVH

OVHcloud refuse de complexer vis-à-vis d’AWS et Microsoft

Le champion français de l’informatique en ligne (cloud computing) va proposer trente nouvelles fonctionnalités d’intelligence artificielle, avec des partenaires. Il s’agit de compléter son offre alors que des contrats lui échappent en dépit des garanties qu’il propose sur la sécurité des données.

L’union fait la force pour OVHcloud. L’entreprise de Roubaix s’applique à elle-même la devise nationale de ses voisins belges pour combler les manques qui lui sont reprochés face à ses concurrents américains sur le marché de l’informatique en ligne (cloud computing). La « pépite » française annonce, mardi, le lancement, d’ici la fin du mois, avec des partenaires, d’une trentaine de nouvelles fonctionnalités d’intelligence artificielle, allant de la reconnaissance d’image à la transcription de messages audio en texte.

OVH et ses clients s’appuieront sur une trentaine de « studios » spécialisés dont les noms seront dévoilés plus tard. Pour OVH, il s’agit de compléter son offre alors que des contrats lui échappent au motif que ses compétiteurs proposent davantage d’outils d’analyse de données. C’était l’un des arguments évoqués par le gouvernement dans l’attribution polémique à Microsoft de l’hébergement du Health Data Hub, une plate-forme de données utilisés dans la lutte contre le Covid-19.

Ecosystème OVH

Or, sur ce contrat symbolique, les cartes viennent d’être rebattues et OVH et ses 400 ingénieurs en Recherche & Développement se préparent à un match retour. Cet été, la décision de la cour de Justice de l’Union Européenne d’invalider le « Privacy Shield » – un accord qui régit les transferts de données personnelles entre l’Union européenne et les Etats-Unis – a jeté le trouble sur la possibilité légale pour Microsoft de traiter les données de santé de millions de Français. Bien qu’une décision en référé du Conseil d’Etat ait, pour l’instant, conforté l’Américain, le gouvernement a assuré qu’il allait lancer un appel d’offres.

« Avec son écosystème, OVHcloud peut répondre à la majorité des besoins de ses clients. Il n’y a pas de complexe à avoir vis-à-vis des hyperscalers américains », explique aux « Echos » Michel Paulin, le directeur général de l’entreprise créée par Octave Klaba et sa famille. D’après le cabinet Forrester, OVHcloud vient d’entrer cette année dans le top 8 du marché des serveurs en ligne, dit infrastructures-as-a-service, très loin, certes, derrière le numéro un, AWS, et ses 35 milliards de dollars de revenus en 2019.

Mystère sur le chiffre d’affaires d’OVHcloud

Comme ses rivaux, OVHcloud revendique une croissance à deux chiffres de ses revenus « cloud ». L’épidémie de Covid-19 a certes ralenti les investissements de certains clients en prise avec la crise économique, mais a accéléré ceux des spécialistes du logiciel collaboratif (Alcatel-Lucents Enterprise, Whaller ou Jamespot) du jeu vidéo et du streaming.

Mais l’entreprise non-cotée reste mystérieuse sur ses comptes. Alors qu’elle espérait il y a un an franchir la barre du milliard d’euros de recettes en 2021, son dirigeant botte maintenant en touche quand il est interrogé sur ce sujet…

Après un refinancement de sa dette bancaire l’an dernier et alors que ses activités sont profitables, OVHcloud assure toutefois avoir les moyens d’accélérer. « Nous ne nous interdisons pas d’éventuelles acquisitions qui nécessiteront de trouver de nouveaux financements », précise Michel Paulin. Comme il y a un an, l’introduction en Bourse de la société reste une option.

Des logiciels américains sur serveurs OVH

Pour la suite, OVHcloud se présente en défenseur de la cause européenne. De même que les technologies OVH garantissent déjà la protection des données traitées via des logiciels américains comme Vsphere de VMware ou la suite Nutanix, installés directement sur des serveurs à Roubaix, Michel Paulin se plaît à imaginer que même des géants américains du cloud puissent accepter de positionner leurs logiciels directement sur des clouds souverains européens. Un récent article signé du patron de Google Cloud va ainsi clairement dans ce sens.

Dans l’esprit de Gaia-X, le catalogue franco-allemand de services informatiques conforme à des standards de protection des données et de transparence des contrats qui sera lancé officiellement le 18 novembre, OVH travaille aussi déjà avec T-Systems, l’entreprise de services informatiques de Deutsche Telekom. L’idée est d’exporter ses technologies dans les centres de données de son partenaire, en Allemagne, en Autriche, en Suisse et en Europe du Nord.

Les Echos – Par Florian Dèbes
Publié le 3 nov. 2020 à 8:00

 

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Publié le 10 nov. 2020 à 9:05 – Mis à jour le 16 nov. 2020 à 8:25