À Lille, la démolition de la chapelle Saint-Joseph a commencé

À Lille, la démolition de la chapelle Saint-Joseph a commencé

Par Le Figaro et AFP agence
Publié le 11/02/2021 à 09:40, mis à jour le 11/02/2021 à 13:53

Premiers assauts des pelleteuses mercredi à Lille. Le recours en référé de l’association Urgences patrimoine ayant été rejeté, la voie était libre pour détruire la chapelle Saint-Joseph de Lille. Édifiée à la fin du XIXe siècle dans le quartier Vauban, sur des plans d’Auguste Mourcou, cette chapelle, désacralisée et désaffectée, faisait l’objet d’un permis de démolition délivré en 2019 par la municipalité pour la construction d’une partie du nouveau campus de l’école d’ingénieurs Junia (ex-Yncrea).

Le projet prévoit 40.000 m2 de locaux d’enseignement, dont 22.000 de locaux neufs et un investissement de près de 128 millions d’euros. Sur plusieurs sites, ce campus doit accueillir au total entre 5000 et 8000 étudiants. Dans ce cadre, la chapelle va donc être détruite. En novembre, le ministère de la Culture avait officialisé le rejet d’une demande de classement de l’édifice. Selon le ministère, « renoncer à la démolition de la chapelle impliquerait de devoir abandonner un projet important pour le développement de l’enseignement supérieur, qui représente un investissement de 120 millions d’euros ». Autre argument : le projet de campus intègre par contre « la restauration intégrale du palais Rameau » (un bâtiment voisin de la chapelle construit par le même architecte, ndlr).

Contacté par l’AFP en novembre, l’un des opposants à la démolition, l’architecte Étienne Poncelet, inspecteur général honoraire des monuments historiques, regrettait que le ministère oppose la sauvegarde de la chapelle à la restauration du palais Rameau. « Il est intelligent de se projeter vers l’avenir en réutilisant le patrimoine », relevait-il. Le ministère « dit que la chapelle est en mauvais état, ce qui est totalement faux», avait-il objecté. Pour lui, «c’est un édifice en bon état, un exemple unique en terme architectural, avec un cloître suspendu, c’est un conservatoire de savoir-faire et un témoignage historique de la présence des Jésuites à Lille ».

Ces derniers mois, plusieurs personnalités politiques ou du monde culturel s’étaient mobilisées contre la démolition de cette chapelle, dont Stéphane Bern. Une pétition lancée par Urgence Patrimoine avait recueilli plus de 12.400 signatures.